les langues étrangères quand on est timide

L’importance des langues étrangères quand on est timide

Je te retrouve avec un nouvel article qui fait écho à celui où je t’explique que je voyage seule pour être moins timide parce que les langues étrangères, et surtout l’italien, ont été d’une grande aide non pas pour éradiquer la timidité mais pour me rendre compte que j’étais capable de vivre en société malgré ce caractère.

 

Mais avant, il faut que je revienne en arrière pour que tu comprennes mieux d’où je pars.

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été assez timide mais j’essayais de me rassurer en me voilant la face puisque je préférais affirmer que je n’étais que réservée.

Sauf que si c’était le cas comme je voulais me le faire croire, je n’aurais eu aucun mal à communiquer avec les membres de ma propre famille en dehors de celles et ceux que je voyais tous les jours.

Oui parce que j’étais extrêmement mal à l’aise quand on recevait des invité.e.s à la maison, que ce soit de la famille proche ou éloignée ou les ami.e.s de mes parents que je connaissais depuis toujours.

J’avais sans arrêt peur que quelqu’un me parle et me pose des questions, que tous les regards se posent sur moi dans l’attente de ce qui sortirait de ma bouche.

Dès qu’on s’adressait à moi, je perdais tous mes moyens, disais et faisais n’importe quoi en agressant toutes celles et ceux qui essayaient de me parler. C’était ma manière à moi de me protéger pour que l’on arrête de s’intéresser à moi et pour avoir la paix. Et à mon grand désespoir, ça ne marchait pas trop puisque comme je ne me gênais pas pour être méchante, on pensait que j’étais à l’aise avec tout le monde.

 

Je ne sais pas si c’était pire en dehors du contexte familial mais en tous les cas, la situation n’était guère différente en société.

Déjà à l’école, j’étais comme paralysée lorsqu’il fallait prendre la parole parce que j’étais le centre d’attention des profs mais aussi de toute la classe. Alors soit j’étais incapable de répondre même si je connaissais les réponses, soit je disais n’importe quoi.

Le summum de la timidité remonte quand même au CE2 lorsque la maîtresse a décrété qu’elle n’allait pas m’appeler par mon prénom mais par un surnom qu’elle m’avait elle-même donné.

Je me demande encore comment j’ai fait pour ne rien dire de toute l’année et surtout pour lever la tête à chaque fois qu’elle m’appelait de la sorte comme si c’était tout à fait normal ?!

C’est pour ça qu’au collège, ce fut le changement total quand certains profs ne prononçaient pas bien mon prénom pendant des mois et des mois : je les ignorais en affirmant que je n’avais tout simplement pas entendu mon prénom. Je me protégeais à nouveau en agressant les gens (qui le méritaient cette fois-ci).

 

Mais en dehors de cet épisode, dès qu’il s’agissait de parler à un ou une adulte, je ne savais plus où me mettre pour être invisible.

J’étais incapable de faire des choses toutes simples et je devais toujours me forcer, me répéter les phrases dans la tête encore et encore et c’était physiquement et moralement éprouvant.

J’étais un vrai cas désespéré pour mes parents qui m’obligeaient à aller vers les autres et à parler à tout le monde. Ma mère m’envoyait acheter du pain alors qu’on n’en avait pas besoin puisqu’elle le faisait elle-même. Mon père et mes sœurs m’utilisaient pour aller demander des infos aux gens, que ce soit au restaurant, dans les magasins ou dans la rue.

Et c’était toujours le même schéma insupportable et infernal pour moi. J’avais l’impression que je n’en verrai pas la fin, que je n’arriverais pas à poser la fameuse question, à acheter tel ou tel truc au bureau de tabac ou à la poste, à payer à la caisse, etc.

À chaque fois, je devais me préparer psychologiquement au fait de devoir parler à quelqu’un, je répétais dans ma tête mon discours comme un simple « Bonjour, je voudrais une baguette s’il-vous-plaît » que je me récitais jusqu’à la boulangerie en ayant peur d’oublier un mot.

 

J’ai vécu comme ça pendant toute l’enfance et l’adolescence en ne supportant pas qu’un ou une adulte s’intéresse à moi ou me parle tout simplement.

Il n’y a qu’au lycée où ça a un peu changé avec les cours de langues vivantes où je me suis quelque peu métamorphosée d’abord avec l’anglais, puis avec l’italien, et même avec l’espagnol que je détestais (et déteste) profondément.

Je suis passée de celle qui se faisait toute petite pour que les profs l’oublient et évitent de l’interroger pour ne pas avoir à parler en public à celle qui ne faisait que de parler et qui ne s’arrêtait pas au grand dam des profs et pour le plus grand bonheur des autres élèves.

On comprend déjà l’importance des langues étrangères dans ma vie depuis cette époque.

 

Mais comment expliquer ce changement ? Quel rapport entre les langues et la timidité ?  

Pour moi, le déclic est apparu avec les langues parce que la plus grande raison de mon incapacité à parler en public était le jugement d’autrui si je faisais des fautes et/ou disait n’importe quoi alors que j’étais censé savoir bien et sans me tromper.

Ce qui me paralysait quand un ou une adulte me posait une question, ou même quand je devais demander des infos à quelqu’un, c’était la peur et la honte de me tromper, de dire des conneries et d’attirer ainsi les railleries et les moqueries.

Même si au fond je connaissais les réponses et savais (en théorie) me comporter dans une situation donnée, je n’étais jamais sûre de moi et j’avais un gros manque de confiance. J’avais peur que l’on m’affirme que je disais n’importe quoi même quand on me demandait comment ça allait, à l’école j’avais peur de me tromper et d’être moquée par les profs et mes camarades, et à la boulangerie j’avais peur de ne pas arriver à dire les mots justes comme tout le monde, d’être jugée et de déranger tout le monde.

C’était complètement triste quand j’y repense.

 

Mais pourquoi les cours de langues et pas les autres ?

Avant toute chose, je commençais à me passionner pour les langues étrangères en général et surtout, c’était la porte ouverte aux erreurs.

C’était la seule matière où j’avais réellement le droit de me tromper puisque ce n’était pas ma langue. Je pouvais ne pas comprendre un texte ni ce qu’on me disait, j’avais une bonne excuse.

Mais alors ne pas comprendre les maths, les sciences ou la géographie, ça me paraissait pas normal et on me le faisait bien ressentir.

Avec les langues, même si je n’arrivais pas à dire les mots justes, ce n’était pas grave.

Ce n’était PLUS grave.

Et c’est même ce détail qui faisait que je progressais de jour en jour.

Plus je me trompais et plus j’avais constamment envie de parler, de parler et de parler. À ma grande surprise, ce sont les profs qui devaient m’arrêter pour laisser la parole aux autres.

 

J’avais commencé à oser parler en public en langues étrangères mais en français, ce n’était pas encore tout à fait ça. J’ai continué ainsi jusqu’à la fin de ma licence en me forçant à faire certaines activités et avoir un comportement dit normal mais j’avais toujours besoin de me préparer mon texte en avance.

Le vrai miracle a opéré quand je suis partie toute seule en Italie.

 

Et pour découvrir ça, tu peux lire mes deux articles où je t’explique que je voyage seule pour être moins timide ou pour pratiquer une langue étrangère.

 

Et toi, tu deviens une autre personne quand tu parles une langue étrangère ? Tu arrives à être moins timide ?

apprendre des langues quand on est timide


Si tu es une femme, que tu as besoin de parler de tes doutes, de tes peurs, que tu as des questions et que tu es prête à faire un pas de plus vers le voyage en solo, tu peux remplir ce formulaire ou cliquer sur le bouton ci-dessous pour que l’on se motive ensemble 🙂

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

No Comments

Leave a Comment