Pourquoi je suis devenue traductrice ?

je suis devenue traductrice

Voici le troisième article de la série sur la traduction et mon métier pour que tu apprennes à mieux me connaître. 🙂

J’ai commencé par exposer les clichés sur ma vie de traductrice, puis je t’ai expliqué ce qu’est réellement la traduction et, aujourd’hui, je te raconte pourquoi je suis devenue traductrice.

Avant toute chose, j’aime la langue française depuis toute petite.

Et ce que je préférais par-dessous tout, c’était l’orthographe ! Je passais littéralement mon temps à corriger tous les membres de ma famille, que ce soit à l’oral ou à l’écrit, et j’adorais savoir comment écrire tel mot ou telle expression.

Puis un jour, l’une de mes sœurs est tombé sur une édition du Bescherelle sur la conjugaison française et comme elle savait que j’aimais déjà l’orthographe, elle a pensé que me plairait et me l’a donc offert. Je n’oublierai jamais ce jour et le bonheur que j’ai ressenti en découvrant et feuilletant cet ouvrage alors que je venais d’entrer à l’école élémentaire. Et ce sentiment n’a jamais disparu lorsque, plus tard, je me suis procurée les autres livres de la collection traitant de la grammaire et de l’orthographe.

Je ne sais pourquoi ni comment mais toutes les règles d’orthographe, de grammaire, de conjugaison et exceptions relatives qui font peur, repoussent et ennuient les autres m’ont passionnée depuis mes souvenirs les plus lointains.

Par exemple, j’étais la seule élève émerveillée et réjouie lorsque mes maîtresses et mes profs de français prévoyaient ou annonçaient une dictée. Je leur lançais des « Oui ! » sous le regard dubitatif de mes camarades de classe qui étaient dégouté.e.s, voire dépité.e.s. C’était la seule activité où j’arrivais première de la classe et j’en étais extrêmement fière.

Je n’ai pas la prétention d’affirmer que je ne fais jamais de fautes de français en parlant ou en écrivant car l’erreur est humaine, même si je m’en veux à chaque fois, mais à la différence de celles et ceux pour qui les règles propres à la langue française n’ont pas d’importance, je fais tout mon possible pour parler et écrire le plus correctement et justement possible.

Pour cela, je ne cesse de faire des recherches à l’infini et de m’informer sur le pourquoi du comment en me cassant littéralement la tête (oui, le travail intellectuel fatigue) à propos de certaines règles, irrégularités et explications. Et même si je suis sûre et certaine à 100 % d’une orthographe, d’un point de grammaire ou de la conjugaison d’un verbe, il m’arrive encore aujourd’hui de toujours tout vérifier car je suis extrêmement perfectionniste, pour ne pas dire une éternelle insatisfaite qui n’a pas confiance en elle.

Lorsque mes proches voient à quel point je me complique la vie pour des mots, certain.e.s me prennent en pitié car c’est superficiel et ce qui compte à leurs yeux est de se faire comprendre, d’autres sont impressionné.e.s et me tirent leur chapeau pour ma détermination.

Quant à moi, je trouve tout simplement que ce que je fais est normal et que tout le monde devrait procéder de la sorte en parlant ou en écrivant au lieu de tomber dans la facilité du langage SMS ou d’une nouvelle forme d’écriture à la JUL qui en est, on peut le dire, le meilleur exemple. Je dis oui aux abréviations sensées, comme ‘bjr’, ‘pcq’, ‘càd’, ‘except°’, ‘trad’, pour aller parfois plus vite dans un contexte bien précis (amis, famille, prise de notes, etc.) mais non au charabia illisible qui en devient incompréhensible.

Puisque je suis toujours en constante recherche vis-à-vis de la langue française et que j’aime apprendre, c’est la raison pour laquelle je m’intéresse aujourd’hui à l’écriture inclusive qui soulève, entre autres, la place de la femme à l’écrit et ainsi, par extension, dans la société.

Au début de ma découverte et de mon apprentissage de la langue française, je m’étais moi-même demandé pourquoi le masculin devait toujours l’emporter… mais j’ai fini par trouver cela normal, tout en sachant au fond le niveau d’absurdité de la chose puisque, dans le même temps, j’ai toujours tout fait pour vivre comme un garçon, puis comme un homme, que ce soit au sein de ma famille en refusant toutes les tâches prétendument destinées aux femmes, ou de la société en me fermant à toute forme de féminité.

Je regrette de ne pas avoir poussé ma réflexion à ce sujet à l’époque et d’en être restée à un niveau superficiel… mais je suis extrêmement heureuse que les choses commencent aujourd’hui à changer parce qu’il n’est jamais trop tard et que les femmes sont capables de révolutionner l’écriture et leur place dans l’espace public.

Je suis fière de choisir d’écrire de manière inclusive grâce à ce blog et même si je suis consciente que c’est encore plus difficile et que ce que je fais est loin d’être parfait, je ne cèderai pas et continuerai de privilégier l’égalité et donc aussi bien le féminin que le masculin. L’écriture inclusive est le futur de la langue française qui est vivante et par conséquent propice aux mutations pour représenter et satisfaire toutes les personnes.

Arrive ensuite ma passion pour la lecture.

Je commence par les livres pour enfants et les BD, poursuis avec les romans pour ados et à l’eau de rose (on y passe toutes !) et finis par découvrir et tomber amoureuse de la littérature italienne durant mes études supérieures. Je laisse alors un peu tomber les livres en français pour me donner corps et âme aux livres en italien.

Pourquoi ?

  • Déjà parce que la langue de Dante était devenue une véritable passion pour moi et que j’adorais écrire en italien, que ce soit pour des dissertations ou des commentaires à l’université, et je voulais donc me plonger dans la lecture de livres en VO.
  • Ensuite parce que je me suis rendue compte que je préférais lire dans cette langue qui me touchait davantage. Cette activité me permettait aussi d’apprendre du vocabulaire et d’améliorer mon niveau en italien.
  • Et enfin parce que je n’avais tout simplement plus le temps (ou très rarement) de lire en français. J’avais des lectures obligatoires et facultatives, entre les pavés des grands classiques à lire et relire plusieurs fois pour les étudier et les romans à lire pour le plaisir. Ça allait de Dante à la littérature contemporaine et certains œuvres exigeaient beaucoup de travail et donc de temps. En réalité, j’étais tellement satisfaite que je ne ressentais même plus le besoin de lire un roman français.

Cette période fut la meilleure de ma petite expérience littéraire parce que même s’il s’agissait pour la majorité de lectures obligatoires, je les ai toutes aimées, parfois à la folie, et j’ai eu la chance de découvrir des auteurs et des autrices qui m’ont apporté beaucoup plus que de simples bonnes notes.

C’est grâce à la littérature italienne que j’ai eu mes meilleurs fous rires, que j’ai appris à aimer les œuvres classiques et les monuments de la littérature, que j’ai pleuré pour la première fois pendant la lecture d’un roman historique qui a ennuyé tous mes camarades de promo, que j’ai découvert et aimé le sicilien, les romans policiers (qui sont devenus mon genre préféré) et surtout le théâtre alors que ce n’était pas du tout mon délire (j’ai carrément écrit un mémoire en italien sur le Théâtre de Dario Fo et Franca Rame), que j’ai lu pour la première fois l’œuvre d’une féministe, que des histoires réelles ou fictives m’ont déchirée leur cœur, que d’autres m’ont mis une grosse claque à la gueule et m’ont fait réfléchir, grandir, évoluer.

J’ai acquis une très bonne culture de la littérature italienne grâce à ces lectures et tous mes livres préférés sont ceux que j’ai lus durant cette période. Après mes études, je me suis remise à lire en français en m’intéressant davantage aux œuvres classiques et j’ai vite repris goût à littérature française en me rendant compte qu’elle m’avait quand même beaucoup manqué.

Aujourd’hui, je continue de lire dans les deux langues et de m’ouvrir à d’autres écrivains et écrivaines et je n’ai aucun a priori sur tel ou tel genre littéraire. Je lis de tout et je fais tout mon possible développer ma culture littéraire italienne et française et cela fait presque 1 an que je me suis fixé un objectif, celui de lire au moins un livre par semaine. Ce défi personnel me permet de lire tous les jours, sans exception, grâce à une routine que me suis créée, et il s’agit d’une activité essentielle non seulement pour moi mais aussi pour mon métier de traductrice.

La suite des raisons pour lesquelles je suis devenue traductrice demain. 🙂


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Si tu veux apprendre l’italien, c’est par ici.

Et n’oublie pas : voyage seule parce que tu es libre.


Photo : Romain Vignes/Unsplash.

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