venicemarathon courir à Venise

VENICEMARATHON : c’était comment ? 

Après 4 courses officielles dans la cité des Doges, je me suis dit qu’il était temps, maintenant que j’ai un blog, de te présenter la dernière en date pour te donner une idée de l’événement et d’une activité différente à réaliser sur l’île. 

Dimanche 28 octobre 2018, j’ai participé aux 10 derniers kilomètres du marathon de Venise (Venicemarathon), la fameuse plus belle partie du parcours, celle où on arrive enfin à Venise et où on court dans un décor unique. 

Et pour le coup, l’édition de 2018 s’est vraiment déroulée dans un contexte unique en son genre puisque l’acqua alta est venue se joindre à nos pieds pour nous hydrater, à sa manière, juste avant la ligne d’arrivée.

 

VENICEMARATHON : mais alors, c’était comment cette année ? 

 

C’était, avant toute chose, t’imaginer vivre la plus belle course au monde, même si ce n’est pas la première fois que tu cours à Venise ; 

C’était, ensuite, te demander pourquoi on ne pouvait pas courir 21 ou au moins 15 km au lieu des 10 qui te paraissent trop simples ; 

C’était t’entraîner quelques jours auparavant en empruntant plusieurs ponts en prévision des 14 qui t’attendent le jour J au lieu de n’en faire que 2 à l’aller et 2 au retour comme d’habitude ; 

C’était, la veille, te rendre à l’Expo Village au Parco San Giuliano de Mestre pour récupérer ton dossard en espérant que le t-shirt officiel soit beau parce que tu le vois comme un souvenir ; 

C’était, au final, être déçue parce que tu n’as jamais eu de t-shirt aussi laid et mal réalisé (coupe, impression, finitions, etc.) lors d’une course officielle ; 

C’était d’un côté, te dire tant pis parce que concrètement ça ne va pas t’empêcher de courir mais de l’autre, considérer que c’est du foutage de gueule si les marathoniens et marathoniennes ont eu le même que toi vu le prix de l’événement ; 

C’était, le jour J, mettre ton réveil à 4 h, 4 h 30, 5 h et 5 h 30, puis te lever à 5 h ; 

C’était petit-déjeuner rapidement et te préparer en optant pour la veste imperméable vu le temps apocalyptique annoncé entre pluie, vent et acqua alta ; 

C’était sortir de chez toi à 5 h 55 direction Tronchetto ; 

C’était une trentaine de minutes de marche dans les calli et campi et sur les ponts totalement vides ; 

C’était la Venise sombre que j’aime, celle qui t’apaise et fait ressortir le meilleur de toi-même ; 

C’était te demander pourquoi tu ne te réveillais pas plus souvent à cette heure-là pour profiter pleinement de Venise, de sa pureté et de sa puissance, à pied ou en courant ; 

C’était te répondre que tu avais déjà du mal à aller courir à 8 h 00 donc voilà ;  

C’était, finalement, regretter d’avoir mis ta grosse veste de pluie car 1/ il ne pleut pas et 2/ il fait trop bon grâce au sirocco ; 

C’était, après ces réflexions, le Rialto magique, juste pour toi, 2/3 autres coureurs et coureuses ou pendolari* sur le chemin du travail ; 

C’était apercevoir petit à petit le soleil et, à mesure que tu te rapproches de Piazzale Roma, assister au lever du jour et à l’agitation qui commence à prendre place ; 

C’était continuer ta route jusqu’à l’île de Tronchetto avec une horde de sportifs et sportives ; 

C’était prendre la navette pour le Parco San Giuliano, lieu de départ de la course pour les 10 km ; 

C’était mourir de chaud à l’intérieur puis de froid en sortant du bus et en te retrouvant nez à nez avec la pluie à Mestre ; 

C’était t’avouer que tu avais bien fait de prendre ta veste de pluie ; 

C’était te trouver un petit abri, manger ta banane pour faire le plein d’énergie et t’échauffer un peu ; 

C’était attendre sous une pluie fine avant de te diriger vers le SAS de départ pour la course non compétitive ; 

C’était te trouver une place au début de la file ; 

C’était, à partir de là et pendant 30 minutes, ne faire plus qu’1 avec la pluie qui s’intensifiait de plus en plus ; 

C’était te demander comment c’était possible de puer autant la transpiration avant même de commencer à courir à cause d’un Français sans aucune gêne devant toi ; 

C’était observer l’échauffement des celles et ceux qui participent à la course compétitive ; 

C’était te demander si tu devais enlever ta veste et courir en t-shirt malgré la pluie ou la garder mais crever de chaud au bout d’un moment, sachant que tu détestes t’arrêter ; 

C’était écouter l’animateur radio, rire puis regretter d’avoir ri à son « N’oubliez pas de vous hydrater pendant la course… Vous n’avez qu’à ouvrir la bouche avec cette pluie ! » ; 

C’était être trempée comme une soupe et te dire que les lunettes en plein déluge, c’est vraiment la merde, surtout si tu t’apprêtes à le passer en courant ; 

C’était, à 8 h 30, l’hymne national italien ; 

C’était 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 ; 

C’était, à 8 h 33, le départ des athlètes de la course compétitive ; 

C’était retirer ta veste à la dernière minute pour être plus à l’aise en courant car vaffanculo la pluie ; 

C’était, à 8 h 36, ton propre départ. Enfin ! 

C’était, comme à chaque participation à une course officielle, te dire que les gens ont peut-être oublié que c’était un 10 km et non pas un sprint ; 

C’était l’arrivée sur le pont de la Liberté pour passer de la terre ferme au centre historique de Venise ; 

C’était courir le vent dans la gueule mais la tête dans les étoiles et le sourire aux lèvres en observant la lagune de Venise autrement qu’en train, bus ou voiture sur ce pont ; 

C’était apercevoir au loin Tronchetto (à droite) et Cannaregio (à gauche) et t’émerveiller comme si c’était la première fois ; 

C’était, après l’euphorie, te demander quand est-ce que cette ligne droite allait s’arrêter ; 

C’était le mental qui a dû entrer en jeu pour penser à autre chose ; 

C’était te dire que jamais tu ne reviendrais courir sur ce pont alors que ça te donnait envie pour être tranquille sans la foule ; 

C’était avoir en tête les Zattere, San Marco et les Rive qui vont te laisser sans voix ; 

C’était la fin de la pluie mais pas du tout du pont de la Liberté ; 

C’était te motiver avec les encouragements des chauffeurs de bus ; 

C’était te demander à combien de km tu étais parce qu’il n’y a aucune indication ; 

C’était voir beaucoup de monde marcher et lutter pour oublier cette ligne droite qui t’ennuie à mourir ; 

C’était accélérer pour en finir avec ce pont ; 

C’était te rappeler tout de même de ne pas exagérer parce que Venise allait être plus difficile avec les 14 ponts ; 

C’était ne pas t’écouter car cette ligne droite est infernale ; 

C’était regarder au loin Venise pour te motiver encore et encore ; 

C’était t’étonner qu’il n’y ait pas de photographes sur le pont, comme si le 10 km ne comptait pas ; 

C’était, par conséquent, remarquer qu’il n’y avait ni public, ni d’animations avec de la musique comme dans d’autres courses officielles ; 

C’était voir enfin le bout de ce pont et arriver sur l’île de Tronchetto ; 

C’était, à un virage, voir la foule devant toi et te dire qu’on est quand même complètement ouf de courir et d’aimer ça dans ces conditions ; 

C’était, eh oui, le retour de la pluie jusqu’à Santa Marta, où les pépés nous encourageaient ;  

C’était entendre la sirène qui annonce l’arrivée de l’acqua alta prévue dans les 3 prochaines heures en débarquant à San Basilio ; 

C’était, à ce moment, avoir un semblant de ravitaillement mais ne pas t’arrêter car aucun intérêt, il ne reste plus que 3 km environ ; 

C’était commencer à voir la Venise que l’on connaît toutes et tous mais aussi le début des 14 ponts tant redoutés ; 

C’était courir enfin sur les Zattere, magnifique quai donnant sur l’île de la Giudecca et déjà inondé à ton passage ; 

C’était, là encore, une ligne droite mais loin d’être ennuyante car Venise est Venise ; 

C’était te concentrer un minimum pour courir les pieds dans l’eau dégueulasse en essayant de ne pas tomber par terre ni sur le canal ; 

C’était des applaudissements le long des Zattere ; 

C’était commencer à sentir l’effet des ponts sur les jambes au bout du 6ème ; 

C’était être dégoutée de foncer dans l’eau et avoir les pieds gelés ; 

C’était trouver les gens lents donc accélérer pour les dépasser ; 

C’était arriver enfin au pont flottant installé spécialement pour l’occasion ; 

C’était courir vers San Marco et le Campanile qui resplendissait ; 

C’était te rendre compte que tu n’avais pris aucune photo de la course car 1/ tu étais occupée à courir et 2/ le seul moment qui en valait la peine était sur les Zattere mais ce n’était pas possible avec l’acqua alta ; 

C’était ralentir quand même un peu sur le pont flottant pour essayer d’avoir un souvenir de cette vue dans ce contexte ; 

C’était traverser le Grand Canal le sourire aux lèvres comme si tu n’avais jamais vu ce panorama ; 

C’était arriver à San Marco mais te demander pourquoi on ne passait pas sur la place ; 

C’était courir le long des Rive et te retrouver face à des regards curieux ; 

C’était la dernière ligne droite (au sens propre et figuré) en enchaînant montées et descentes avec 6 ou 7 ponts, tu ne savais plus trop à compter à ce moment-là ; 

C’était te demander comment tu avais fait pour courir plusieurs fois avec plus de 40 ponts ; 

C’était voir la ligne d’arrivée au loin et essayer de ne pas penser aux deux derniers ponts que tu connais très bien ; 

C’était t’accrocher et effectuer un dernier sprint jusqu’à franchir la ligne d’arrivée ; 

C’était t’arrêter et te dire que tu l’avais fait ; 

C’était sourire bêtement ; 

C’était regarder ton temps et t’apercevoir que tu avais battu ton record personnel ; 

C’était, en réalité, non pas 10 mais presque 11 km ; 

C’était comprendre cette sensation de chaleur sur les joues ; 

C’était regarder les gens autour de toi puis les couleurs de la riva et te dire que tu étais chez toi ; 

C’était récupérer ta médaille, un autre souvenir, puis marcher vers les Giardini (de la Biennale) pour le ravitaillement de fin de course ; 

C’était te poser dans un coin, face à l’acqua alta qui monte, boire un peu et manger ta deuxième banane de la journée ; 

C’était observer les gens se changer sans complexe devant tout le monde alors qu’il y a des lieux pour et les trouver dégueulasses pour d’autres raisons encore ; 

C’était t’étirer un peu puis te diriger vers l’Arsenale pour rentrer à la maison ; 

C’était sentir tes jambes et donc te sentir vivante ; 

C’était te retrouver avec l’acqua alta bien haute sur la fondamenta à 20 mètres de chez toi ; 

C’était faire le tour du quartier pour essayer d’y échapper même si tu as encore les pieds trempés et gelés depuis les Zattere car 1/ ça te dégoûte et 2/ tu ne veux pas abîmer tes baskets encore plus ; 

C’était encore de la marche et 2 petits ponts ; 

C’était l’acqua alta de l’autre côté de ta calle aussi ; 

C’était te jeter à l’eau car pas d’autres choix ; 

C’était arriver devant ta porte et espérer que l’eau ne rentre pas trop dans l’entrée de l’immeuble ; 

C’était prendre ta douche en repensant à la course ;

 

C’était courir, littéralement, contre vents et marées ; 

C’était pas de chance pour cette année puisqu’on n’a pas pu aller sur la place Saint-Marc à cause de l’acqua alta

C’était un parcours dans un décor sans surprise ; 

C’était 14 ponts ; 

C’était le pont de la Liberté ennuyant à mourir malgré la vue sur la lagune et sur Venise, mais ; 

C’était magique, unique et émouvant de courir Venise dans ces conditions, comme si c’était la première fois ; 

C’était donc à refaire pour le simple plaisir de courir même si je préfère les courses qui se déroulent entièrement dans le centre historique de Venise** ; 

C’était, enfin, mon cadeau d’anniversaire de moi à moi.

 

*un/una pendolare (i/le pendolari) : personne faisant le trajet aller-retour entre son domicile (ville A) et son lieu de travail (ville B).

 

**Je te conseille davantage la Su e Zo per i ponti pour découvrir réellement l’île entre ses calli, campi e fondamenta, hors San Marco et Rialto, et le Venice Night Trail pour te transporter dans un autre monde fascinant : Venise la nuit. 

Même si ce sont des courses en apparence plus fatigantes (entre 10/13 km + 30/40 ponts pour la première et 16 km + 51 ponts pour la deuxième), elles sont plus agréables car tu cours en plein centre de Venise, en parcourant des lieux que tu ne visites pas toujours pendant un séjour touristique habituel. 

L’ambiance est également plus conviviale non seulement entre coureurs et coureuses mais aussi avec les volontaires qui transmettent la joie et la bonne humeur tout au long du parcours. 

Les 10 derniers kilomètres du marathon de Venise (Venicemarathon) sont les plus caractéristiques du parcours, oui, mais pour courir vraiment à Venise, je préfère la Su e Zo et le Trail de nuit.

 

Et toi, tu as déjà couru ou aimerais courir à Venise ?

courir à Venise VENICEMARATHON marathon de Venise

PAS ASSEZ D’ITALIE ?


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Photos (qui arrivent) : Venise.




2 Comments

  • Cédric at 22:35

    Salut Arzu,
    Article sympa et original. Bel exercice de style!

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