Venise, mon amour

Venise, mon amour

(mai 2018 : 10/31 articles)

Au départ, tu ne m’attirais pas plus que ça. Bien sûr, je savais qui tu étais et où tu te trouvais comme tout le monde.

J’avais déjà entendu parler de toi et de ton style de vie, vu tes magnifiques photos, lu que tu étais le symbole de l’amour et du romantisme.

Certains et certaines t’adoraient, vantaient ton charme unique et s’émerveillaient en te décrivant.

D’autres te détestaient parce que tu pues, tu es chère et tu accueilles trop de monde.

Je t’ai connu ainsi comme tout le monde, avant même de te rencontrer réellement. En même temps, tu fais tout pour faire parler de toi.

Et comme pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à la perfection : soit on t’aime à la folie, soit on te déteste.

Il n’y a pas de juste milieu avec toi.

Venise, mon amour

Tu veux savoir pourquoi je n’étais pas attirée ?

Je crois que c’est parce que l’eau et moi, on ne s’aime pas trop, voire pas du tout. Et quand j’étais petite, je pensais vraiment que tu n’étais qu’eau.

Alors forcément, te découvrir était très loin dans ma liste.

Je te fuyais et tu me suivais.

Parce que moins je pensais à toi, plus tu débarquais sur mon chemin.

Par exemple la première fois que je t’ai vue en vrai de vrai, c’est parce que tu te trouvais à quelques minutes de moi.

Je ne pouvais plus t’ignorer, tu m’attendais.

J’avais un peu peur, je te l’avoue, parce que même si je savais désormais que tu ne serais pas qu’eau, je n’étais quand même pas très rassurée.

Et puis j’avais aussi un peu peur d’être déçue, puisque je voulais à tout prix que tu sois comme sur les photos.

J’avais donc ramené une autre personne avec moi, histoire de ne pas être seule avec toi.

Et ce fut là ma plus grosse erreur parce qu’elle ne t’a pas aimée du tout et elle me l’a bien fait savoir.

Quant à moi, j’étais agréablement surprise parce que tu ne me faisais plus autant peur.

Je te trouvais si étrange et irréelle par rapport à ce que j’avais connu auparavant que je ne savais plus quoi penser de toi.

Venise, mon amour

Je n’osais pas le dire à cette personne et à moi-même que tu étais magnifique alors je me contentais de penser que tu étais jolie mais sans plus.

Et puis j’ai eu pas mal de soucis ce premier jour parce qu’on ne peut pas dire que tu m’aies très bien accueillie.

Entre arnaque, impolitesse, foule, fatigue et ras le bol de la personne m’accompagnant, je n’étais pas vraiment aux anges.

Tu boudais parce que je n’étais pas venue seule, c’est ça ?

Mais j’ai fini par le faire, tu te souviens ?

Je suis enfin allée te retrouver toute seule et ça n’a duré que quelques heures mais on était tellement mieux que la première fois, non ?

Parce que celle qui avait changé en un peu plus de 2 ans, ce n’était pas toi mais moi.

Toi, tu étais la même.

Moi, j’avais appris l’une des choses les plus importantes dans la vie, à savoir qu’il ne fallait pas que j’ai peur d’être seule pour aller à la rencontre des autres.

Venise, mon amour

J’ai connu quelques amourettes pendant notre séparation, j’ai vécu de petites mais belles histoires ailleurs, avec d’autres que toi.

Puis je suis revenue à toi de moi-même et en étant vraiment seule.

On a passé une bonne après-midi ensemble, tu m’as montré comment tu fonctionnais, comment tu vivais, à quoi ressemblait ton style de vie, tu m’as présentée à tes proches, etc.

Et c’est passé trop vite. On n’a pas eu le temps de se connaître énormément même si on a chacune fait des efforts pour montrer à l’autre quelques facettes de notre personnalité.

Et j’ai remarqué qu’en réalité, je n’avais absolument rien vu de toi la première fois.

Venise, mon amour

C’était notre premier vrai moment à deux et je l’ai passé à te regarder, à te sentir, à t’écouter et surtout à te sourire.

Et pourtant je ne suis pas du tout une fille souriante de nature mais ce jour-là, tu as réussi à me faire décrocher tous les sourires que je n’avais jamais donnés à personne, ni nulle part ailleurs.

Je commençais enfin à te voir d’un autre oeil, pour ce que tu étais vraiment.

J’étais juste bien à tes côtés et je ne voulais plus te quitter.

La magie avait enfin opéré.

Et c’était la première fois de ma vie que je ne voulais plus être seule mais juste avec toi, toujours.

Mais toi, tu étais un peu vexée et je le sentais même si tu ne voulais pas me le montrer.

Parce que tu savais que je n’étais pas là juste pour toi, que je devais te laisser pour aller voir une autre, la même que la première fois, que j’étais même venue exprès pour elle.

Et comme tu étais juste à côté, je suis passée te faire un coucou pour voir ce que tu devenais, exactement comme la première fois.

Venise, mon amour

Je te suivais et tu me fuyais.

Je suis donc partie pour l’autre mais tu n’es plus sortie de ma tête.

Je ne pensais qu’à toi, je voulais te retrouver, te connaître davantage, te vivre. Je ne te voulais que pour moi et je voulais que tu m’aimes.

Mais une autre encore s’est retrouvée sur ma route.

Je ne savais plus comment aller vers toi, comment m’y prendre pour te retrouver et là, subitement, il y avait une autre qui m’acceptait et voulait déjà être avec moi.

Elle était prête à m’accueillir et à m’aimer tout en sachant que je ne pensais qu’à toi.

Elle attendait que je lui dise enfin oui alors que je lui faisais vivre un calvaire depuis plusieurs jours mais elle était patiente et encore là.

Elle ne me fuyait pas, elle m’attendait.

Et moi, je ne voulais que toi.

Venise, mon amour

Je ne voulais te tromper, je te le jure.

Mais je n’avais tout de même pas envie de fermer la porte à une autre.

J’ai passé des jours et des nuits à t’attendre et à espérer un message ou un signe de toi.

Mais tu ne réagissais pas, tu m’avais oubliée.

Enfin c’est ce que je pensais parce que tu es revenue.

Tu as arrêté de me fuir et tu as acceptée de m’accueillir chez toi.

Tu as attendu le dernier moment où j’étais persuadée que tu ne ressentais plus rien pour moi, que tu ne voulais plus de moi.

J’étais décidée et prête à m’ouvrir à une autre, à lui dire oui.

Mais tu es sortie de nulle part, tu es à nouveau rentrée dans ma vie et tu es venue me dire que tu m’attendais chez toi, que j’y avais ma place, que tu me pardonnais et que tu arrêtais de me fuir.

Venise, mon amour

Je n’ai même pas réfléchi et je suis allée te retrouver.

On a passé une année magnifique ensemble, rien que toi et moi, sans personne autour et entre nous.

J’ai appris à te connaître réellement, j’ai découvert en simultané tes qualités et tes défauts que j’ai fini par aimer, tu m’as parlé de toi, de ton histoire, de ce que tu veux et recherches, tu m’as dévoilé tes secrets les plus intimes.

On ne s’est jamais disputées, même quand je te laissais parfois pendant quelques heures ou quelques jours pour aller voir une autre.

Je m’en voulais un peu de faire ça parce que j’avais l’impression de te tromper, mais tu as accepté que j’ouvre mon cœur aux autres parce que moi, je te partageais avec le monde entier.

Venise, mon amour

C’est avec toi que j’ai connu et fait toutes mes premières fois.

Et surtout, il n’y a qu’avec toi que je ne suis pas triste de quitter une autre. Parce que d’habitude, lorsque je suis avec une autre, que je la découvre et la vis, je ne veux plus du tout la quitter.

Avec toi, c’était et c’est toujours différent.

Et je m’en suis rendue compte à la fin de notre année ensemble.

J’étais en train de marcher dans la rue et je revenais à toi après un voyage de quelques jours, comme tant d’autres fois lorsque j’étais avec une autre mais ce jour-là, je me suis subitement arrêtée malgré moi et malgré la foule qui me bousculait et s’impatientait pour que j’avance.

Je n’arrivais pas à contrôler mon corps qui avait décidé de vivre le moment présent, cet instant de quelques secondes où je me suis surprise à me parler dans la tête et à me dire que j’étais revenue chez moi, que je t’avais retrouvée et que j’étais heureuse d’être rentrée.

C’est la première fois de ma vie que je me disais tout cela, que j’étais intimement convaincu de ce que je pensais.

Je me suis donc arrêtée machinalement pour profiter pleinement de cette prise de conscience et pour me la répéter à haute voix, encore et encore, en ne quittant pas mon sourire.

« Je suis chez moi. »
« Tu m’as manquée. »
« Je suis revenue à la maison. »
« Je respire. »
« Je suis heureuse. »

Et j’ai regardé autour de moi tous les touristes m’observer et se poser des questions.

« J’aime tout ici. »
« Même les milliers de touristes qui ne te respectent pas et ne te méritent pas. »

J’ai respiré un bon coup, j’ai continué de sourire et j’ai repris mon chemin en me récitant ces phrases, tels des dictons ou des proverbes, mes vérités générales à moi, dans ma tête et à haute voix, comme une folle heureuse :

Je suis chez moi, je suis chez moi, je suis chez moi, je suis chez moi, je suis chez moi, je suis chez moi, je suis chez moi, je suis chez moi, je…

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Et n’oublie pas : voyage seule parce que tu es libre.


Photo : Venise.

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7 thoughts on “Venise, mon amour

  1. Quel superbe texte ! On sent à quel point Venise ne vous a pas laissée indifférente. Je rêve d’y retourner pour profiter de ses canaux les plus secrets.

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