mon parcours scolaire pour apprendre à parler italien

L’italien et moi : mon parcours scolaire

Cet article est complémentaire à celui sur mon coaching personnalisé où je te propose 3 formules d’accompagnement pour t’apprendre à parler italien et/ou t’aider à continuer de pratiquer la langue de Dante à l’oral même si tu n’as pas la possibilité de partir vivre en Italie ou que tu ne connais personne avec qui t’entraîner. 

Dans les 3 cas, la finalité est la même : améliorer ton niveau d’italien à l’oral (prononciation, accent, vocabulaire utile et typique) et gagner confiance en toi et en aisance pour oser parler italien avec les autres. 

 

Voici tous les détails sur mon histoire et mon rapport avec l’italien pour mieux comprendre pourquoi j’aime à ce point cette langue (la plus belle) et comment j’ai fait pour apprendre à parler italien toute seule, sans compter sur l’école, les cours ou les profs et avant même de partir vivre dans le Bel Paese. 

 

L’italien et moi : mon parcours scolaire 

 

  • 2003/2005 : je commence à étudier l’italien au collège 

 

…juste pour ne pas faire espagnol comme tout le monde (je ne supportais pas cette langue et c’est toujours d’actualité) et parce que ma sœur m’a dit que ce n’était pas compliqué et que c’était trop beau à entendre. 

 

La première année s’est très bien passée car j’avais d’excellents résultats et je trouvais effectivement que la langue était très simple à apprendre. 

J’ai eu l’opportunité de partir 5 jours en Toscane en 2014 dans le cadre d’un voyage scolaire et je n’avais qu’une hâte : PARLER avec les Italiens et les Italiennes pour voir si j’arrivais à me débrouiller. 

Résultat : je n’ai rien compris à leur accent (coucou la gorgia toscana 😉) et je me suis vite découragée en me disant que je ne savais pas parler et que c’était trop difficile en Italie sans réfléchir 2 secondes et me rendre compte que c’était normal parce que : 

  1. C’était ma première année d’apprentissage ;
  2. J’étais habituée à l’accent neutre de ma prof ou des audios qu’elle nous faisait écouter ainsi qu’au contexte rassurant d’une salle de classe et d’un public connu. 

Avec le recul, j’ai compris que ça me semblait si facile au début parce que je découvrais les bases mais qu’en réalité, je ne retenais rien de concret et de pratique en cours puisque mon but premier était la note finale. 

 

La deuxième année fut chaotique car je suis tombée sur une prof qui parlait plus français (et quelque fois russe) qu’italien, qui ne jurait que par la grammaire et la conjugaison et qui ne donnait aucunement envie d’apprendre. 

Mes notes ont alors drastiquement chuté, tout comme mon intérêt pour la langue. 

À l’époque, je rejetais moi aussi la faute sur cette prof que je trouvais incompétente et qui m’avait, ça me fait mal de l’avouer, dégoûtée de l’italien alors qu’au lieu de me plaindre et de faire ma victime, j’aurais tout simplement pu continuer d’apprendre et de progresser toute seule de mon côté. 

 

  • 2005/2006 : en Seconde, j’ai la chance d’avoir une jeune prof assistante qui vient de… Turin ! 

 

J’insiste vraiment sur la notion de chance parce que : 

  1. Ma classe était divisée en 2 et je suis tombée dans le groupe de cette enseignante ;
  2. C’est avec elle que j’ai réellement découvert la langue et la culture italiennes. 

 

Premièrement, elle ne nous parlait qu’en italien, même pour expliquer les règles de conjugaison et de grammaire, et elle nous faisait beaucoup pratiquer la langue à l’oral. 

C’était assez déstabilisant pour toute la classe au début mais elle a toujours encouragé chaque élève à parler directement en italien même si on ne savait pas dire grand-chose. 

Et au bout d’un mois, on comprenait tout ce qu’elle disait et on était toutes et tous très fiers de nous parce que l’autre moitié de la classe ne comprenait rien quand elle assistait à nos cours étant donné que l’autre prof d’italien ne parlait qu’en français. 

 

Deuxièmement, elle nous a présenté son pays sous plusieurs formes et supports. 

Elle n’a JAMAIS utilisé le manuel scolaire ni leurs audios et elle nous faisait travailler la langue à travers l’histoire et la culture (cinéma, peinture, littérature, musique, théâtre). 

Elle nous encourageait à faire des exposés, elle nous emmenait à des festivals et c’est grâce à elle que j’ai découvert l’Italie contemporaine, que je suis encore aujourd’hui des artistes, des émissions ou des revues qui me plaisent toujours autant. 

 

  • 2006/2008 : j’ai à nouveau la chance d’avoir un autre prof assez jeune qui nous parle exclusivement en italien 

 

Ce n’était désormais plus un problème pour moi puisque j’avais déjà passé l’année précédente avec une prof qui ne parlait jamais français et mon oreille s’était habituée à cette douce et belle mélodie. 

Le problème, c’est que ce prof était antipathique dans la mesure où il ne rigolait jamais et qu’il ne se gênait pas pour nous dire ou nous faire comprendre qu’on ne savait rien en italien et que ce n’était pas normal en Première. 

Il ne nous donnait donc pas envie de participer ni d’apprendre et personnellement, le fait de repasser aux manuels scolaires après une année à étudier l’italien en m’amusant sur des supports originaux m’avait encore plus démotivée. 

 

Mais ce qui m’énervait le plus, au fond, et que je n’arrivais pas à m’avouer, c’est qu’il avait raison : on ne savait ni parler ni écrire un minimum alors qu’on étudiait l’italien depuis 3 ans. 

 

Pendant mon année de Seconde, j’étais à nouveau tombée dans le piège de travailler la langue en premier lieu pour les notes et la moyenne générale et je ne m’en suis absolument pas rendu compte car j’étais trop absorbée par la fierté d’avoir amélioré ma compréhension orale et par la découverte de la culture italienne par une Italienne, une vraie. 

J’avais recommencé à adorer l’italien et l’Italie grâce à elle et constater que je n’avais pas retenu grand-chose me faisait vraiment mal au cœur.  

Et quand je me suis retrouvée face à une personne qui m’a annoncé de but en blanc cette triste vérité, mon ego en a pris un coup parce que j’étais retombée à un niveau de merde alors que j’avais eu une prof (native) qui avait fait du très bon travail pour nous stimuler. 

 

Je n’ai pas su tirer profit de cette opportunité et j’étais juste déçue de moi-même car j’étais la seule responsable. 

Je me suis remise en question même si je trouvais mon nouveau prof froid et distant parce que oui, ce n’était pas normal et non, je ne voulais pas oublier l’italien. Et au fond, je voulais aussi lui montrer que j’étais capable d’apprendre, de retenir et de parler en italien. 

 

C’est donc durant cette année de Première que j’ai commencé à réellement apprendre les bases de l’italien, toute seule à la maison, et que j’ai enrichi mon vocabulaire en classe avec toutes les expressions idiomatiques que ce prof nous faisait découvrir. 

Je passais mon temps à voir et revoir les règles de grammaire et les verbes, même celles et ceux que je connaissais déjà ou pensais connaître, à inventer des phrases avec les modi di dire, à lire et à écrire tout et n’importe quoi, à regarder des vidéos et à écouter des chansons. 

J’étais impatiente d’aller en cours pour pouvoir enfin parler italien et réutiliser tous les termes que j’apprenais au fur et à mesure. 

 

Je me suis mise à participer comme jamais auparavant et plus je parlais italien, plus je me sentais incroyablement bien, au niveau mental et physique. 

C’est un sentiment indescriptible mais je me sentais juste à ma place, comme si j’étais faite pour parler italien. Tout simplement. 

J’avais la sensation étrange que rien ni personne ne pouvait m’arrêter alors je continuais encore et encore à faire de l’italien tous les jours. 

 

Et tu sais quoi ?

Je ne me suis jamais autant éclatée que durant cette phase de (ré)apprentissage de l’italien parce l’envie (et ensuite le besoin) d’apprendre et de progresser venait du cœur et n’était pas dictée par les notes ou la moyenne générale. 

Je n’avais même plus besoin d’étudier pour les examens puisque l’italien faisait partie de mon quotidien et l’ironie du sort, c’est que moins j’en faisais pour les notes et plus j’avais les meilleures. 

En fait, je ne comptais pas juste sur mon prof pour tout m’enseigner : je travaillais de mon côté pour approfondir encore et encore mes connaissances et je voyais que ça marchait et que je m’améliorais de jour en jour.  

 

Mais ce n’était jamais assez : je voulais toujours être meilleure en italien. 

À partir de ce moment-là, j’ai commencé à changer le regard que j’avais sur mon prof : il est passé du prof antipathique au prof modèle en l’espace de quelques mois. 

C’est la première fois que j’avais en face de moi un Français parlant aussi bien italien, sans accent pourri, avec des tonnes d’expressions idiomatiques et connaissant aussi bien l’Italie. Le tout, sans être d’origine italienne. 

Je l’admirais et j’étais fascinée par sa prononciation, son accent, son vocabulaire, ses connaissances et ses voyages en Italie et je voulais atteindre au moins le même niveau que lui dans tous ces domaines. 

 

Il m’avait parlé d’un échange culturel et linguistique mis en place par la ville de Nancy pour faire un stage de 1 mois à Padoue (Vénétie) et je me suis donc fixée l’objectif d’y participer coûte que coûte pour parler italien non-stop et progresser à l’oral. 

J’avais encore 2 ans devant moi pour me préparer puisque l’une des conditions sine qua non pour tenter sa chance était d’étudier à l’université. 

 

On en arrive à mon année de Terminale qui fut une déception parce que je suis tombée sur une prof d’italien qui nous parlait 90 % du temps en français et qui nous faisait réviser des notions de base. 

Entre-temps, j’ai décidé de passer l’italien en LV1 au bac (à défaut de l’ESABAC qui n’existait pas encore) mais je n’avais que 2 heures de cours comme pour une LV2 et comme si ça ne suffisait pas, le proviseur ne voulait pas que mon prof modèle (pour le différencier de ma prof officielle) organise un voyage scolaire à Venise, Rimini et Riccione à cause dudit bac donc mon moral n’était pas au top de sa forme. 

 

J’ai réussi à passer outre même si c’était difficile et que les cours m’ennuyaient en continuant de travailler toute seule chez moi, comme l’année précédente. 

Mon prof modèle s’est aussi débrouillé pour permettre aux LV1 d’avoir 2 heures d’italien supplémentaires un soir par semaine avec lui et j’avais à nouveau la possibilité d’écouter de l’italien et d’acquérir du vocabulaire nouveau. 

J’apprenais aussi beaucoup en me préparant à l’épreuve du bac avec 2 à 3 sujets que mon prof modèle me donnait chaque semaine : je lisais toutes sortes de textes et j’essayais de les comprendre et de répondre aux questions avec toutes les expressions que je connaissais. Et je progressais encore plus avec ses corrections et ses remarques ou avec les journaux ou magazines qu’il me donnait. 

 

À la fin de l’année, j’ai décidé d’étudier seulement l’italien à l’université parce que je ne me voyais pas faire autre chose étant donné que c’est déjà ce que je faisais depuis 2 ans au détriment parfois d’autres matières. 

Je n’avais aucun plan (à part l’échange entre Nancy et Padoue) et je ne savais absolument pas à quoi allaient me servir des études de LLCE. 

Les gens autour de moi (dont mon prof modèle) me conseillaient plutôt de faire LEA anglais-italien et même si en théorie j’étais d’accord avec leurs arguments, en pratique j’ai choisi de suivre mon cœur et de ne faire que ce qui lui faisait du bien : de l’italien. 

 

  • 2008/2009 : j’entre donc à l’université en LLCE Italien et la première année représente clairement une nouvelle déception pour moi 

 

Premièrement, alors que je pensais que j’allais enfin être entourée de personnes ayant la même passion que moi, je me suis retrouvée avec des gens qui étaient là à 90 % par défaut, soit parce que l’italien était la matière la plus simple au lycée, soit parce que certains et certaines savaient déjà parler italien de par leurs origines. Et pourtant, plus de la moitié a abandonné avant même la fin du premier semestre alors que c’était clairement une vaste blague niveau contenu et difficulté. 

Deuxièmement, le premier semestre n’était qu’une vulgaire répétition de toutes les bases de la langue qui, pour la naïve que j’étais, devaient déjà avoir été acquises pour être dans ce cursus, mais apparemment non. Il n’y avait qu’un cours de traduction et un autre de littérature qui m’intéressaient mais je n’avais pas du tout l’impression de faire de l’italien comme les deux années précédentes parce que je passais plus de temps à étudier le latin et la civilisation latine. 

Troisièmement, j’attendais avec impatience le deuxième semestre où on allait enfin entrer dans le vif du sujet et se débarrasser des touristes (eh oui) mais… 

…il n’y a jamais eu de deuxième semestre lors de ma L1. 

 

C’était l’année des grèves et des manifestations suite à la réforme LMD et ma fac a été bloquée pendant près de 3 mois. 

Au final, j’ai eu des cours accélérés de langue, littérature et civilisation italiennes pendant 15 jours en avril/mai pour valider le deuxième semestre qui était une autre blague puisque concrètement, personne n’a été pénalisé. 

Je t’avoue que je me suis demandé ce que je foutais là et si j’avais fait le bon choix parce que rien ne se passait comme je l’imaginais : je n’apprenais pratiquement rien et surtout, je ne pratiquais l’italien ni à l’écrit, ni à l’oral. 

 

Je ne tenais que pour l’échange culturel et linguistique à Padoue parce que je faisais partie des 8 étudiantes à avoir l’opportunité de réaliser un stage d’été au sein de l’un des services municipaux de cette ville jumelée avec Nancy. 

Le logement et les repas étaient entièrement pris en charge par la Mairie de Padoue, tout comme l’abonnement aux transports en commun, à la piscine municipale et les visites de musées, et j’avais en plus droit à une petite bourse.

À part mon billet aller-retour, je n’avais à penser à rien, si ce n’est à faire en sorte de parler italien non-stop pendant 1 mois avec les Italiens et les Italiennes tout en découvrant la Vénétie. 

 

Malheureusement, je me suis vite rendu compte que même si j’essayais de pratiquer, les conversations avec les collègues, les commerçants et quelques jeunes rencontrés en soirées étaient banales. 

Et surtout, moi qui pensais que je serais capable d’aller vers les autres pour apprendre à les connaître et progresser, la timidité et la peur de déranger ont pris le dessus et si on ne me parlait pas, je ne disais rien. 

Pour finir, j’ai passé tout mon temps libre avec une autre stagiaire française, ce qui n’a pas non plus aidé mon intégration au contexte italien puisqu’on se parlait toujours en français. On ne travaillait que 4 heures le matin du lundi au vendredi et nos après-midi, soirées et week-ends étaient dédiés à piscine, plage, musées, cinéma, shopping et visites touristiques. 

 

Encore une fois, je ne rejette la faute sur rien ni personne, si ce n’est moi et mon comportement. 

Je n’ai pas su tirer profit à 100 % d’un point de vue linguistique de ce séjour que je conseille à toutes celles et ceux vivant et étudiant à Nancy (même si vous faites d’autres langues parce qu’il y a plusieurs villes possibles en plus de Padoue). 

C’est juste un exemple type montrant que vivre en Italie (1 mois, 2 ans ou 30 ans) ne suffit pas pour : 

  1. Apprendre l’italien ;
  2. Progresser en italien ;
  3. Être bilingue. 

Il faut s’investir, s’engager et être prêt.e à aller vers les autres pour les connaître dans leur culture et non pas juste pour en profiter et pratiquer un peu l’italien de manière superficielle. 

 

J’avais oublié mon objectif premier pendant ce premier vrai séjour en Italie mais c’est celui qui m’a permis de mesurer encore plus l’importance de l’accent tonique en italien et de certaines expressions toutes faites bien utiles dans la vie quotidienne. 

Encore aujourd’hui lorsque je prononce certains mots, je souris intérieurement en me rappelant que j’ai appris à bien les accentuer ou à les reconnaître et à les employer pendant ce stage à Padoue grâce aux corrections et explications de quelques personnes. 

Et puis je suis tombée amoureuse de la Vénétie, de la voix et de l’accent de ses habitants et de leur Spritz donc rien que pour ça, je ne changerai rien à cette expérience. 

 

On passe à présent à mes deux dernières années de Licence parce que c’est durant cette période que j’ai eu le déclic et que tout a changé dans mon approche en ce qui concerne l’oral en particulier. 

 

  • 2009/2011 : je retourne donc à l’université pour continuer (ou enfin commencer) ma Licence LLCE Italien 

 

Mon comportement à Padoue m’a beaucoup déçue et j’étais carrément frustrée parce que je revenais avec le même niveau voire pire étant donné je me sentais incapable de parler italien 

Résultat : j’ai perdu confiance en moi et je n’avais plus cette facilité à parler en italien comme au lycée avec mon prof. 

J’ai commencé à craindre la seule heure de cours exclusivement dédiée à l’oral et même les autres cours où les profs pouvaient nous inciter à participer et donc à parler italien devant tout le monde. 

Mais au-delà de ce détail, je n’étais tout simplement plus à l’aise en italien à l’oral car : 

  • Je suis passée d’un prof d’italien avec qui j’avais du mal à m’arrêter de parler à 10 profs qui m’intimidaient (même si je les admirais) et j’avais besoin d’un temps d’adaptation pour m’habituer et mieux les connaître ; 
  • J’ai fait la chose à ne jamais faire à aucun moment, contexte ou situation : se comparer aux autres. La moitié de ma promo était d’origine italienne et parlait déjà avec un bon accent (et dans leur dialecte incompréhensible) grâce à leur famille et à leurs séjours dans le Bel Paese depuis toujours ; 
  • Je ne me sentais plus légitime pour la langue italienne (oui) (carrément), dans le sens où je n’estimais plus avoir les compétences et les qualités requises pour l’étudier, la pratiquer et l’aimer puisque je n’avais même pas été capable de parler dal vivo avec les Italiens et les Italiennes à Padoue ; 
  • Et au lieu de m’avouer tout cela, je me suis cachée derrière ma timidité alors que j’avais juste peur de dire n’importe quoi, n’importe comment et d’être jugée en oubliant que j’étais justement là pour me tromper et que c’était essentiel pour apprendre et progresser. 

Je ne critique personne si ce n’est moi parce que je sais que c’était un mauvais raisonnement de ma part mais à l’époque, j’étais encore convaincue que la seule solution pour progresser à l’oral était de partir vivre en Italie, et cette fois-ci, beaucoup plus qu’un mois pour pouvoir rencontrer plus de locaux, avoir des conversations moins superficielles et construire de vraies relations.  

 

C’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers Erasmus qui est une opportunité en or pour expérimenter la vie à l’étranger. J’ai postulé en L2 pour passer ma L3 en Italie en me jurant que cette fois-ci, je ne traînerai avec aucun francophone et que je ferai tout pour aller vers les locaux. 

Mais voilà, ma candidature n’a pas été acceptée… ou plutôt, nos profs ont refusé que ma promo parte en Italie car ils et elles voulaient qu’on termine notre Licence en France pour nous préparer au mieux aux examens et concours écrits ici (presque tout se fait à l’oral en Italie). 

 

Je les ai toutes et tous évidemment détestés sur le coup mais avec le recul, je les remercie parce que ces deux années de LLCE m’ont aidée à atteindre le niveau que j’ai aujourd’hui en italien à l’écrit grâce à toutes mes lectures et aux nombreux commentaires, dissertations et analyses de sujets, de citations ou d’œuvres. 

J’ai pu écrire (relire et corriger toute seule) mon mémoire sur le Théâtre de Dario Fo et Franca Rame en italien et moi qui détestais ça en cours de français à l’école, j’ai lu et relu tous les classiques de la littérature italienne avec un immense plaisir et de manière approfondie. 

Mais je ne dois ce résultat qu’à moi-même parce que je me suis impliquée dans les lectures obligatoires et facultatives et j’ai travaillé toute seule pour chercher et retenir du vocabulaire typique et des expressions idiomatiques dans le but de construire des phrases. 

Les profs nous ont enseigné la technique et le raisonnement pour faire un bon commentaire de texte ou une bonne dissertation et je me suis entraînée encore et encore jusqu’à écrire dans un italien parfait, sans penser au français. 

 

L’autre atout de ma Licence LLCE Italien est sans aucun doute la myriade de connaissances que j’ai acquises sur l’Italie : histoire (de l’Antiquité à aujourd’hui), géographie, langue (latin, linguistique, traduction), littérature (de Dante à aujourd’hui), peinture, cinéma, théâtre, design, gastronomie, politique, économie, etc. 

C’est simple : je n’ai jamais autant appris de ma vie et j’ai fini ma Licence en me disant que je ne connaissais que 1/3 de ces informations concernant la France. 

 

En bref, le problème concernait seulement l’expression orale pour moi puisque tout se passait à merveille à l’écrit, que ce soit la compréhension ou la production. 

Ce n’est qu’à partir de ma L3 que j’ai réussi à participer de plus en plus en classe parce que 1/ je me sentais plus à l’aise avec les profs, 2/ je connaissais très bien les œuvres, les sujets ou les points abordés donc j’avais envie d’en discuter et surtout, 3/ le système que j’ai mis en place pour apprendre à parler italien me permettait d’être plus confiante malgré le regard des autres. 

 

En effet, j’en avais marre de ne pas être capable d’oser parler italien en public alors que : 

  1. Cette langue était tout pour moi ;
  2. Je ne rêvais que de ça ;
  3. J’étais en LLCE Italien. 

Et même si le refus de ma candidature Erasmus représentait un énième obstacle à mes yeux, j’ai décidé de prendre les choses en main et de trouver une solution concrète pour avancer jusqu’à ce que mon projet de séjour à l’étranger se concrétise et éviter de m’apitoyer sur mon sort. 

À lire ou relire : Comment j’ai fait pour retourner la situation à mon avantage, réussir à parler italien, gagner confiance et apprendre du vocabulaire alors que j’étais persuadée qu’il fallait absolument que je parte vivre en Italie pour ça ? 

 

Après cette phase d’autoapprentissage, je me suis habituée à ma voix en italien, j’ai amélioré ma prononciation, je suis passée d’un accent français à un accent neutre, j’ai gagné confiance en moi et j’étais de plus en plus à l’aise en parlant en italien avec les autres. 

Tout ça, en restant en France et en n’ayant personne avec qui pratiquer la langue de Dante à l’oral. 

 

  • 2011 marque ENFIN le début de ma vie dans le Bel Paese et c’est une aventure qui ne s’est pas arrêtée depuis 

 

Concrètement, vivre en Italie m’a juste aidée : 

  • À apprendre un vocabulaire plus typique, plus populaire et plus naturel pour parler le « vrai » italien, pas celui de l’école ni celui des livres ; 
  • À passer d’un italien neutre à un mélange de plusieurs accents du Nord de l’Italie. 

Et même si j’ai quasiment toujours vécu dans le Nord, j’ai côtoyé pas mal d’Italiens et d’Italiennes du Centre et du Sud donc j’ai acquis leurs expressions ou façons de parler de manière automatique. 

 

Mais à mon arrivée, j’arrivais déjà à parler avec un assez bon niveau et ce, sans avoir mis les pieds en Italie pendant mes études d’italien et en travaillant toute seule chez moi. 

Je ne compte évidemment pas mon voyage scolaire de 5 jours en 2004 et mon stage de 1 mois en 2009 dans mon processus d’apprentissage car le contexte et mon comportement n’étaient pas favorables à une quelconque amélioration à l’oral. 

 

Lors de ma première année, les gens étaient surpris par mon vocabulaire très précis (parfois trop soutenu), mon aisance et mon accent neutre. On me répétait même que je parlais mieux que les Italiens et les Italiennes. 

Et j’ai moi-même été étonnée de voir à quel point je me débrouillais bien en langue, oui, mais surtout en société puisque le fait d’être toute seule à l’étranger m’a obligée à aller vers autrui. 

Je n’avais qu’un objectif en tête : ne rien faire d’autre que parler, parler et parler avec les locaux pour progresser encore et encore et éviter de refaire la même erreur que durant mon stage à Padoue. 

 

Je suis ensuite restée dans le Bel Paese pour le travail et/ou mes études (Master LCE Italien à distance + double diplôme (niveau Master) franco-italien en Traduction et Interprétation) durant lesquelles j’ai autant pratiqué l’oral que l’écrit (enfin !) et où j’ai énormément appris d’un point de vue technique et linguistique. 


Ce que je veux te montrer avec cet article, c’est que l’école est là pour nous aider à acquérir les bases d’une langue étrangère (ici l’italien) afin que l’on puisse se débrouiller dans des situations précises mais sûrement pas pour nous apprendre ladite langue afin que l’on devienne bilingue. 

Il n’y a que toi qui puisses obtenir ce résultat ou le niveau que tu te fixes. 

Le travail doit venir de toi et non pas de tes profs, de ta famille ou de tes potes italophones et encore moins des locaux.

Et si tu ne t’engages pas à une certaine forme de régularité, ça ne marchera pas ou alors tu ne progresseras pas autant que tu voudrais, et tu risques de te démotiver. 

 

Personnellement, l’école (ni aucun autre endroit ou personne) ne m’a jamais montré comment faire pour réellement parler italien et non pas réciter des phrases, des expressions ou des verbes. 

Si je n’avais pas eu une réelle passion, une forte envie et un grand besoin d’apprendre et de progresser en italien et que j’avais tout misé sur les autres, je n’en serais sûrement pas là aujourd’hui puisque le contexte purement scolaire était plus synonyme de déception que de motivation pour moi. 

 

En réalité, je n’ai eu que 2 profs qui ont vraiment compté pour moi : la première était encore stagiaire, le deuxième était « seulement » contractuel. 

Et pourtant, c’est elle et lui qui m’ont le plus appris et transmis leurs connaissances, leur curiosité et leur passion et c’est à elle et à lui que je dois en partie mon niveau en italien et mon amour pour le Bel Paese, sa culture et sa langue. 

 

En partie oui, parce que le travail de fond, je l’ai fait toute seule. 

Si je n’avais pas bossé par moi-même, que ce soit pour l’oral ou l’écrit au lycée et à l’université, je n’aurais JAMAIS atteint mon niveau actuel ni même celui que j’avais juste avant de partir vivre en Italie la première fois. 

Je ne me suis jamais reposée sur mes acquis, j’ai toujours continué et je continue encore aujourd’hui d’apprendre et de pratiquer l’italien, avec les autres mais aussi et surtout toute seule. 

 

Si tu veux en savoir plus et/ou t’inspirer de mon processus d’apprentissage de l’italien à l’oral, cet article est fait pour toi : Lettre ouverte à celles et ceux qui ne peuvent pas partir vivre en Italie pour apprendre à parler italien

N’hésite pas à m’écrire si tu as des questions ou besoin d’un accompagnement personnalisé.

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