Pourquoi je suis devenue traductrice freelance ?

Pourquoi je suis devenue traductrice freelance ?

pourquoi je suis devenue traductrice freelance

(mai 2018 : 3/31 articles)

Dans les catégories ‘freelance’ et ‘traduction, je vais te parler de mon parcours pro et perso (car le personnel joue sur le professionnel) pour arriver à atteindre certains choix de vie et de carrière.

Aujourd’hui, je commence en t’expliquant le pourquoi du comment je suis devenue traductrice freelance avec le régime auto-entrepreneur (désormais micro-entrepreneur).

 


Mais pourquoi je te raconte tout ça alors qu’ici mon but est de te motiver à voyager seule si tu en as envie et/ou de t’aider à apprendre l’italien de manière alternative ?

1/ Pour que tu me connaisses mieux car c’est une manière pour moi de continuer à me présenter au fil des articles ;

2/ Pour répondre aux questionnements, problèmes et doutes que tu peux avoir si tu as l’intention de te lancer dans l’aventure freelance, notamment dans le monde de la traduction.


 

Commençons donc par le commencement.

J’ai toujours su que j’étais différente.

À la maison, je n’avais pas les mêmes envies, besoins et intérêts que les autres femmes de ma famille : mes sœurs et ma mère.

Je crois que c’est justement cette dernière qui a été l’élément déclencheur dans mon envie et surtout besoin de devenir freelance.

Aussi loin que remontent mes souvenirs, elle passait son temps à me donner des ordres pour que je fasse le ménage et la vaisselle, que je sois aux petits soins pour les hommes de la famille, que j’apprenne à leur faire à manger mais aussi à mon futur mari, etc.

Et je n’ai jamais accepté tout ce qu’on voulait que je fasse, contrairement à mes sœurs, pas pour le simple plaisir de refuser mais juste parce que je ne comprenais pas pourquoi c’était à moi de le faire et puis je n’en avais tout simplement pas envie.

Je me rappelle encore toutes les fois où je me suis forcée à faire ce que ma mère attendait de moi et où j’éclatais en sanglots parce que ce n’était physiquement pas possible.

J’ai donc préféré passer pour la fille capricieuse qui ne sait rien faire ni pour elle, ni pour les autres (et surtout pour les hommes), et qui vit comme un mec aux yeux de ma famille proche et éloignée.

 


À partir de là, j’ai toujours eu du mal avec l’autorité et lorsqu’il a fallu que je pense à un éventuel métier, je savais juste que je ne voulais pas avoir de patron.

Mais je n’avais jamais envisagé d’être à mon compte car je ne savais même pas quoi faire de ma vie.

Et aussi parce qu’à l’époque, je pensais naïvement qu’être son propre patron signifiait avoir des employé.e.s et moi je ne voulais absolument pas donner des ordres aux autres.

Je refusais juste d’obéir à qui que ce soit – mes parents, mon copain, mes potes, mes connaissances, mes profs, les inconnu.e.s, etc. Et, par conséquent, un employeur.


 

J’ai fait des études que j’adorais sans savoir où cela me mènerait, je voulais juste étudier l’italien et la culture italienne et passer mes journées ainsi.

Et c’est ce que j’ai fait sans jamais le regretter.

Tout au long de mon cursus universitaire, j’ai toujours affirmé que je ne voulais pas enseigner l’italien au service de l’Éducation Nationale mais mes profs et surtout ma famille m’encourageaient à poursuivre dans cette voie en me disant que j’en avais les capacités.

Tout le monde s’attendait à ce que je choisisse ce métier par défaut pour la stabilité qu’elle apporte et comme ce n’était pas mon objectif et que je suis quelqu’un qui a un esprit de contradiction, j’ai entrepris un tout autre chemin.

Celui que je voulais au fond de moi mais que je refoulais par peur.

Peur de l’échec à cause de la précarité malgré la confiance que j’avais en mes capacités linguistiques.

 


En résumé, si j’ai choisi d’être traductrice freelance, c’est uniquement pour ne pas avoir quelqu’un au-dessus de moi hiérarchiquement me demandant de faire telle ou telle tâche (utile ou non, là n’est pas la question) et surtout pour ne pas me sentir obligée de les faire et me forcer jusqu’à me sentir mal physiquement et moralement.


 

J’ai donc fini par me lancer dans l’aventure freelance en me disant que oui, c’était difficile de se faire une place, mais que c’était le moment ou jamais de tester et de vivre enfin ma vie comme je l’entends.

Le problème, oui parce qu’il y en a un, est que j’avais prévu de tenter une ou deux expériences en agence au préalable afin de mieux voler de mes propres ailes ensuite.

Et ce fut un ÉCHEC TOTAL.

 


J’aurais mieux fait de commencer dès le départ à tout mettre en œuvre pour réussir, ou tout du moins essayer, au lieu de perdre presque un an à me forcer à m’adapter au salariat et au monde de l’entreprise.


 

Mes expériences en agence de traduction étaient loin de me satisfaire professionnellement puisque mes supérieur.e.s et collègues me confiaient soit des tâches n’ayant aucun rapport avec mon métier, soit des projets qui étaient hors de ma compétence.

Par exemple, je devais effectuer des traductions de textes rédigés en allemand et en néerlandais alors que je ne sais même pas dire un seul mot dans ces langues et que je ne les ai jamais étudiées.

Et lorsque je faisais remarquer qu’il serait quand même préférable de faire appel à un traducteur ou une traductrice possédant ces langues de travail afin d’obtenir un travail de qualité, on me répondait qu’on n’allait pas dépenser pour si peu vu que les textes étaient courts et simples.

En attendant, je passais mon temps à travailler dans des langues dont je ne comprenais rien et je finissais mes journées avec une migraine pas possible.

Et en toute logique, on ne me faisait pas confiance pour les projets et les langues qui étaient à ma portée malgré mes expériences précédentes.

 

L’ambiance avec les collègues était aussi très pesante pour moi.

Quand tu arrives dans une entreprise où tout le monde t’a vanté les aspects positifs de la boîte et que tu te rends compte dès le premier jour que 90 % des employés se détestent entre eux, ne supportent pas la direction, critiquent 7 heures sur 8 les conditions de travail, les collègues et tout ce qu’il y a autour, eh bien tu te demandes ce que tu fais là.

Enfin, j’ai compris que j’avais réellement besoin d’un espace de travail à moi pour être efficace et productive et que je n’arrivais pas à travailler avec d’autres personnes en open space.

 


Tout cela m’a encore une fois montré que je n’étais pas faite pour réaliser des tâches et des missions avec des collègues pour le compte d’une autre personne, sous les ordres d’autrui, pour le bénéfice de quelqu’un d’autre.


 

Oui parce que concrètement, j’y gagnais quoi, moi ?

De l’argent.

Ou pas, car tout est relatif.

Parce qu’en plus de tous les aspects négatifs, on attendait de moi que je réalise des tâches et des missions gratuitement alors qu’elles ne faisaient pas du tout partie de mon contrat.

Je sais parler telle ou telle langue étrangère, alors pourquoi ne pas m’exploiter au lieu de payer une autre personne ?
Que je sois employée juste pour faire de la correction en français ou pour gérer des projets de traduction, peu importe, pourquoi ne pas m’utiliser pour faire des économies et gagner du temps sans me demander mon avis au préalable ?
Et d’ailleurs, pourquoi ne pas faire des heures supplémentaires non rémunérées ?

Je voyais les autres rendre des ‘services’ à la direction, travailler plus sans être payé.e.s plus, et je refusais de faire la même chose pour être acceptée et garder un travail qui ne m’apportait aucune valeur.

 


Je me suis peu à peu rendue compte que j’échangeais mon temps, mon énergie, mes compétences personnelles et professionnelles pour de l’argent.


 

Mais que je n’avais aucune reconnaissance en retour.

J’avais un Bac +5 et 2 ans d’expérience à l’étranger mais ça ne valait rien.

Autant prendre le premier boulot qui s’offre à moi, faire un boulot répétitif, ennuyeux, vide de sens et duquel je n’aurais de toute façon rien attendu.

Et pourtant, je me forçais à rester, à me dire que c’était à moi de m’adapter, que c’était la seule chose à faire pour continuer dans la vie.

 


Jusqu’à un point de non-retour où je suis arrivée à une sorte de burn-out.


 

Avant cet épisode fatidique, j’avais ‘juste’ la boule au ventre dès le matin avant de partir au travail.

J’essayais de me faire croire que ce n’était rien et que ça allait passer. Je faisais tout pour ne pas y penser, j’occupais sans cesse mon esprit avec tout et n’importe quoi pour ignorer mon mal-être.

Ça ne m’empêchait pourtant pas de rentrer le soir en étant soulagée mais en angoissant avant de dormir car au réveil il fallait repartir, tout recommencer, rejouer un rôle, me voiler la face.

 


Et un matin, je ne me suis pas levée.


 

J’étais pourtant réveillée depuis un long moment, mais je n’arrivais pas à me lever.

Physiquement.

J’étais dans l’incapacité totale d’écouter ma tête comme je l’avais toujours fait.

Je suis restée au lit, comme paralysée.

Je n’étais pas malade mais mon corps m’a juste dit STOP.

C’est comme si j’avais eu une illumination et que je m’étais soudainement souvenue des raisons pour lequelles je ne voulais absolument pas être salariée depuis toute petite.

Je me suis rendue compte à quel point je me suis forcée à m’adapter à un système qui ne me convenait pas et comment je me suis petit à petit éloignée de celle que j’étais réellement.

Et j’ai compris que je ne pouvais plus continuer comme cela et foutre ma vie en l’air, qu’il fallait absolument que je me lance à mon compte, sans tarder, même si j’avais peur d’échouer.

Autrement, j’allais me tuer à petit feu, autant psychologiquement que physiquement.

Toute seule.

J’allais continuer à voir mon propre assassinat en direct.

 


Le lendemain de cet épisode, j’ai tout envoyé bouler et je suis devenue traductrice freelance.


 

La suite au prochain épisode* 🙂

*demain 


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Tu peux aussi aller lire la présentation complète de mon coaching personnalisé Apprendre l’italien par la traduction’ ici et te rendre ensuite sur cette page où tu trouveras toutes les informations nécessaires quant au programme et à la marche à suivre pour y accéder.

Si tu veux recevoir des astuces pour apprendre l’italien, c’est par ici.

Et n’oublie pas : voyage seule parce que tu es libre.


Photos : Venise.

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Reader Comments

  1. Très bel article! Je me retrouve parfaitement dans tes propos. J’ai moi aussi très mal vécu ma dernière expérience salariée jusqu’au point de non retour. J’ai tout quitté sur un coup de tête pour voyager le monde à durée indéterminée car je me sentais mourrir à petit feu. Je ne me reconnaissais plus. C’est ce voyage qui m’a permis de découvrir mon nouveau chez moi, puis mon copain. Je vis maintenant en harmonie avec moi-même sur la belle île de Koh Chang en Thaïlande. Et il ne se passe pas un jour sans que je remercie mes anciens patrons pour leur manque de respect, sans quoi je n’en serais pas là aujourd’hui. Il faut parfois prendre des risques pour pouvoir vivre la vie qui nous convient. Bravo!

    1. Tu as tout dit ! <3

      Personne n'a à donner son avis sur la vie des autres mais si je peux me permettre, tu as très bien fait de partir sans réfléchir parce que c'est souvent dans ces moments-là que plus rien ne semble nous atteindre et que l'on prend les meilleurs décisions sans s'en rendre compte. Et c'est justement ton cas puisque tu as recommencé à vivre, à être toi et à te sentir bien quelque part dans le monde 🙂

      Hors sujet mais j'ai lu ta lettre au Vietnam et <333 Je te laisse un mot dès que je peux !

      Merci encore pour tes mots et le partage sur Twitter Fany 🙂

      À bientôt !

      Arzu

  2. Très bel article! Je me retrouve parfaitement dans tes propos. J’ai vécu la même chose jusqu’au déclic qui a changé ma vie. Il faut parfois prendre des risques pour vivre la vie qui nous convient.

    1. Merci beaucoup Fany ! 🙂

      J’ajouterais que vivre nous fait tellement peur que l’on attend malheureusement toutes et tous ce fameux déclic pour se rendre compte que la vie passe et qu’il est temps de la vivre pleinement, comme on l’entend.

      Et quand on y arrive, on sait que tout ce qu’on a vécu auparavant en valait la peine pour connaître le bonheur absolu.

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