La traduction, c’est quoi ?

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Cela peut sembler une question anodine, voire bête… mais ce n’est pas tout à fait le cas tant il y a à dire sur le sujet !

On a vu hier toutes les idées préconçues à propos de la traduction et du métier qui en découle.

Place aujourd’hui à la vérité qui fait mal, que tout le monde refuse de voir et d’accepter parce que c’est plus simple de dire que la traduction est une simple et banale tâche que n’importe qui peut effectuer au quotidien de la manière la plus naturelle possible.

Il est temps de briser ces idées reçues afin de mettre les points sur les i et les barres aux t.

Avant toute chose, il est important voire essentiel de comprendre que :

La traduction, c’est un vrai métier qui requiert des compétences précises et qui ne peut donc pas être exercé par tout le monde.

La traduction est un métier qui rend service au monde entier et qui permet à tout le monde de se comprendre et de communiquer. La pratique doit être réservée aux professionnelles qui ont conscience de l’enjeu et qui sont les seules en mesure de garantir un travail de qualité.

La traduction, c’est comme le piano. C’est le fruit d’un long travailqui est permanent et qui exige un entraînement et une pratique constante. Deux mains ne suffisent pas pour s’autoproclamer pianiste et ce n’est pas parce qu’une personne maîtrise une ou plusieurs langues étrangères qu’elle peut s’improviser traductrice. La traduction n’est pas innée et une personne bilingue peut ne pas être capable de traduire comme il le faut.

Une bonne traductrice est une personne qui en fait son métier et qui le prend assez au sérieux pour (savoir) traduire dans les règles de l’art. Eh oui, bien que la profession ne soit pas réglementée, il y a des règles qu’il convient de respecter lorsqu’il est question de qualité.

Il s’agit d’une activité professionnelle qui exige rigueur, précision et sérieux d’un côté, et passion, curiosité et patience de l’autre.

La traduction, c’est traduire seulement vers sa langue maternelle.

Connaître, parler et écrire à la perfection sa langue maternelle est une condition sine qua non qui n’existe pas pour rien. Il s’agit d’une règle d’or qui représente une assurance qualité puisqu’il s’agit de la langue dans laquelle la traductrice sera à même de rédiger le plus naturellement possible en retrouvant de manière spontanée les références culturelles, les nuances et différents sens des mots, les jeux de mots et les expressions idiomatiques et en respectant les règles orthographiques, grammaticales, syntaxiques et typographiques.

La traduction, c’est une parfaite maîtrise de ses autres langues de travail pour arriver à faire passer le message en restituant les moindres nuances d’une langue à l’autre.

La traduction n’est pas un simple copier-coller mot à mot grâce à un dictionnaire bilingue sinon il nous suffirait d’apprendre bêtement par cœur les dictionnaires au lieu d’apprendre à parler une langue étrangère. Il ne suffit pas de comprendre tous les mots d’un texte pour pouvoir et savoir les traduire dans une autre langue. Ceci est un mythe.

Traduire, c’est comprendre le texte d’origine, le ou les message(s) implicite(s) ou explicite(s), le sens des mots, le vocabulaire technique et/ou spécifique employé, le secteur de prédilection, le public visé dans la langue d’arrivée, les références culturelles, les jeux de mots, les effets de style, les ambiguïtés, etc.

Peu importe le type de texte et son degré de technicité, ce n’est jamais le même style, le même ton, le même vocabulaire d’un domaine à l’autre, d’un message à l’autre, d’une cible à l’autre, d’un support à l’autre.

Le but est de retranscrire le plus fidèlement possible, de faire passer le message à travers un deuxième texte qui va susciter la même compréhension chez le public visé dans la langue d’arrivée, le tout en respectant le style et les idées du texte initial.

Il s’agit d’un travail méticuleux qui consiste à coucher sur le papier les bons mots et les tournures de phrases les plus adaptées de manière à ce que la lecture du texte traduit soit fluide.

La traduction, c’est prendre du recul pour savoir dire la même chose dans sa propre langue.

La traduction, ce n’est pas la transposition d’une suite de mots vides de sens dans une autre langue de manière automatique.

La traduction littérale ne fonctionne parfois même pas pour un seul et unique mot alors la tâche devient ardue lorsqu’il s’agit de plusieurs lignes, voire de plusieurs pages.

La traduction, ce n’est même pas une traduction : c’est un texte à part entière.

La traduction, c’est le perfectionnisme et non pas la perfection.

Musset l’a dit, la perfection n’existe pas… et c’est valable en traduction aussi ! Un même texte peut être traduit de mille et une façons différentes et être tout aussi bon.

Une traduction peut être révisée à l’infini. On ne peut donc jamais vraiment la juger, à moins évidemment que le texte soit plein de contresens et bourré de fautes en tout genre.

Une bonne traductrice est perfectionniste. Elle sait qu’elle n’atteindra jamais la perfection mais cela ne l’empêche pas de faire preuve de rigueur et de précision pour essayer de créer la meilleure version possible du texte de départ.

La traduction, c’est donc une suite de corrections, de suppressions, d’ajouts, de modifications et de doutes à n’en plus finir.

La traduction, c’est subjectif. C’est faire des choix et prendre des décisions personnelles qui sont le fruit d’une longue réflexion.

La traduction, c’est la spécialisation.

Notre formation de base nous permet de traduire de tout, c’est vrai, et c’est justement ce qui fait toute la beauté du métier. Mais on ne connaît pas tous les sujets du monde et on n’est pas experte dans tous les domaines possibles et imaginables. Pouvoir tout (bien) traduire est encore un mythe et ce serait le rêve mais ce n’est tout simplement et humainement pas possible.

Un livre (roman, essai ou autre) n’a rien à voir avec le mode d’emploi d’une machine, tout comme un contrat d’embauche ou une brochure touristique ne réclament pas le même style ni le même vocabulaire.

Est-ce qu’il te viendrait à l’idée de te rendre chez un.e cardiologue alors que tu souffres d’une otite ? Ou de prendre rendez-vous chez un.e gynécologue alors que tu dois te faire arracher une dent ? Si les médecins ont toutes et tous des spécialités, c’est bien pour une raison, et c’est la même chose dans le milieu de la traduction.

Toute traductrice professionnelle est spécialisée et continue de se former dans un ou plusieurs domaines précis (juridique, technique, littéraire, audiovisuel, économique et financier, médical et pharmaceutique, etc.) afin d’être en mesure d’effectuer la meilleure traduction possible selon ses capacités et compétences.

Une bonne traductrice connaît à la perfection son secteur de prédilection et comprend tout ce qu’elle lit dans les moindres détails, faute de quoi le texte traduit ne sera qu’une suite de mots sans connexion logiques entre eux.

En conclusion, la traduction est à la fois une science et un art.


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Et n’oublie pas : voyage seule parce que tu es libre.


Image : libre de droits.

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